Chet Baker Sings (édition limitée vinyle bleu)

CHET BAKER

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UGS : 889397006358
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Description

Le jazz, aux yeux du grand public, ressemble au mieux à une musique savante difficilement accessible, au pire à un répertoire pour musique d’ascenseur, et leurs musiciens à des virtuoses relativement transparents. Mais celui ou celle qui connaît ce mouvement sait qu’à mille lieues des clichés véhiculés depuis plus d’un siècle, c’est une musique qui a su évoluer comme aucune autre et a su générer des artistes non seulement talentueux musicalement mais également complexes humainement, parfois torturés, drogués ou alcooliques, violents ou dépressifs comme on en trouve 1000 autres exemples dans le rock, la soul, la pop…

Chet Baker fait sans aucun doute partie de ces derniers ! De son enfance imprégnée par la Grande Dépression des années 30 au fin fond de l’Oklahoma à sa mort accidentelle le 13 mai 1988 à Amsterdam, à l’âge de 58 ans, en tombant par la fenêtre de son hôtel après avoir consommé de fortes doses de cocaïne et d’héroïne, sa vie ressemble à s’y méprendre à celle d’une rock star ! Son physique de top model (certains diront à la James Dean) a autant contribué à son succès que sa touche musicale, mais personnage fragile, rebelle et souvent rattrapé par ses démons, il a connu des moments de déchéance et de résurrection !

L’album Chet Baker Sings représente la partie la plus flamboyante de sa carrière. Il est celui qui s’est le plus vendu également, en faisant instantanément de cet opus sorti en 1954 un classique à la fois du cool jazz de la côte ouest et du jazz vocal. Pourtant, c’est bien avec sa trompette que la légende Chet Baker est née. De son adolescence dans un orchestre scolaire à son passage dans l’armée en renfort des troupes américaines basés à Berlin après la guerre, tout a permis à Chet de se rapprocher de son instrument et de son amour du jazz. Ses premières jam sessions au début des années 50 se font avec des pointures comme Lester Young ou Stan Getz mais c’est sa rencontre avec Charlie Parker qui va tout changer lorsqu’il l’embauche pour l’accompagner sur une tournée de toute la côte Ouest américaine en 1952. Après avoir tourné pendant de longs mois avec le saxophoniste baryton Gerry Mulligan, Chet prend la décision de créer son propre quartet à partir de l’été 1953, ce qui lui permet de tourner mais aussi de faire des albums à partir de son propre nom la même année, puis de moduler ses orchestres au sein de ses envies (sextet, septuor, ensemble à cordes…).

Il décide alors de se lancer dans l’écriture d’un album chanté, enregistré sur plusieurs mois qui sort finalement en 1954 dans une première version de huit titres sur le label Pacific Jazz, le bien nommé Chet Baker Sings, sorti à l’époque dans un format court qui sera agrémenté de six titres supplémentaires pour une version définitive qui sera publiée deux ans plus tard en LP, toujours sur le même label. Accompagné d’un orchestre épuré, Carson Smith à la contrebasse, Bob Neel à la batterie et surtout Russ Freeman au piano, cet album est un véritable tournant dans la carrière de l’artiste, d’une part par le succès qu’il rencontrera mais également parce que Chet Baker montre que son talent vocal est à la hauteur de sa virtuosité de musicien. D’ailleurs, les critiques ne sauront plus vraiment si c’est un trompettiste qui chante, ou un chanteur qui joue de la trompette. Sa signature vocale ne ressemble à l’époque à aucune autre, sa tonalité claire et délicate, sans vibrato balaie un répertoire composé de reprises de chansons populaires des années 20 aux années 40, qu’il réinterprète à sa manière. Parmi tous les titres, celui qui est devenu un classique est sans aucun doute « My Funny Valentine », un morceau de 1937 écrit par Richard Rodgers et Lorenz Hart. Ce morceau qui connaît plus de 600 versions différentes (!) est pourtant souvent affilié à Chet Baker. Tel un crooner sans excès, il revisite des morceaux qui parlent surtout d’amours contrariés ou passionnels : « Time After Time», « I Fall In Love Too Easily », « I Get Along Without You » « The Thrill Is Gone », sans oublier malgré tout le swing plus guilleret et entraînant sur « But Not For Me » ou « There Will Never Be Another You ».

Ce disque incontournable et intemporel demeure un grand classique du jazz et a d’ailleurs reçu en 2001 un Grammy Hall Of Fame Award.

Arnaud Brailly

L’ANECDOTE

Même dans ses heures les plus sombres et aussi loin que la déchéance de la drogue a pu le pousser, la musique a toujours été un moteur dans la vie, de Chet Baker, comme un instinct vital au milieu du chaos. On ne compte plus les anecdotes où, complètement défoncé avant de rentrer sur scène, il était pris d’un sursaut presque divin au moment de monter sur les planches. Une des histoires les plus drôles est celle racontée dans la biographie de James Gavin Deep In Dream. Alors qu’il se promène en voiture avec Cindy, sa petite amie de l’époque, et William Claxton, son photographe officiel dans les années 50, ce dernier lui demande ce qui est le plus important pour lui dans la vie. Baker répond « ma trompette, je crois et puis la musique, c’est à peu près tout… ». Prise d’une colère noire, Cindy sort de la voiture furibonde en rétorquant « et bien merci, monsieur Baker ! ». Chet se penche alors par la portière et hurle à la femme qui s’en va : « j’ai oublié de mentionner mon chien ! ». C’est aussi ça le jazz !


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