ANN PEEBLES – I Can’t Stand the Rain

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Description

Ann Peebles fait partie de ces égéries de la soul du Sud, qui doit tout à la ville de Memphis ou presque. Native de Saint-Louis, elle a dès son plus jeune âge la détermination de celles et ceux qui veulent réussir… issue d’une famille nombreuse (10 frères et sœurs !), la jeune Ann va être partie prenante de la réussite de la chorale familiale, la Peebles Choir, à une époque où le Gospel était érigé dans beaucoup de familles afro-américaines en véritable art de vivre.

Adolescente, elle commence à s’émanciper en tournant dans les clubs spécialisés de sa ville natale. Puis elle bouscule le destin, un soir de 1968, lors d’un passage à Memphis où elle assiste avec ses frères à un concert de Gene Miller au Rosewood Club. Elle demande au chef d’orchestre d’interpréter un titre de Jimmy Hughes, elle subjugue par sa voix et sa prestance.
Miller décide alors de la présenter à Willie Mitchell, directeur artistique du label Hi Records, qui voit en elle un diamant brut qu’il pourra façonner grâce à l’équipe qu’il mettra à sa disposition. Au printemps 1969, quelques semaines avant Al Green la future star du label, elle signe son premier 45T « Walk Away » qui lance directement sa carrière sur les radios Soul. Dans la foulée elle enregistre son premier album « This is Ann Peebles » qui sera suivi quelques mois plus tard par deux nouveaux opus : « Straight from the heart » et « Part time love ». Bien que la carrière d’Ann soit lancée et que plusieurs de ses singles atteignent les charts afro-américains, le véritable coup de génie va arriver un soir de 1973. Alors qu’elle s’apprête à aller à un concert avec ses amis et son mari Don Bryant, un des auteurs attitrés de Hi Records, Ann Peebles en voyant la pluie tomber à l’extérieur s’exclame « I can’t stand the rain ». Sa phrase arrive comme un gimmick dans la tête de Don, qui y voit là le début d’une chanson et commence alors à en imaginer la structure en s’installant au piano.
Le lendemain matin il présente le morceau terminé à Willie Mitchell qui a l’idée d’utiliser, un nouvel instrument arrivé au studio : une timbale électrique ! L’introduction du morceau épuré commence par cette timbale et la voix plaintive de Ann sur le premier refrain avant que la rythmique des frères Hodges et les cuivres des Memphis Horns ne viennent donner du relief à l’ensemble. Le titre qui raconte une histoire de solitude amoureuse, par sa structure rythmique hypnotique, presque tribale et son intensité se révèle être un véritable petit bijou Soul, à la fois moderne pour l’époque par les sonorités utilisées et en même temps complètement ancré dans cette tradition de la complainte sentimentale proche du blues. Le public ne s’y trompera pas et permettra au titre d’atteindre la 6ème place des charts R&B et de porter son album qui sortira l’année suivante.
Et quel album ! Servi de long en large par les nappes d’orgues agiles et l’orchestration de la Hi Rhythm Section, les dix titres de l’album d’une durée totale de moins de trente minutes, montrent qu’il n y’a pas besoin d’en faire des tonnes pour écrire un grand classique.
En plus du titre éponyme, l’autre hit de cet album est sûrement, « I’m gonna tear your playhouse down », sorti à la base en single en 1972, avec ses violons et ses cuivres assez significatifs du Royal Studio. Le titre connaîtra à nouveau le succès à la fin des années 70 avec Graham Parker et au début des 80’s avec l’anglais Paul Young, dans des versions il est vrai beaucoup plus pop rock.
Ann Peebles reprend aussi le titre Country Folk « (You keep me) hangin on’ » de The Gosdin Brothers (sorti en 1967) dans une version beaucoup plus Soul. Un titre qu’elle revisite à sa manière et qui donne presque l’impression qu’il a été écrit pour elle. Le morceau « Do I need you » par son allure mid tempo, s’inscrit dans la lignée de « I can’t stand … » et pourrait être presque considéré comme sa suite logique, dans une thématique assez similaire, tout comme « Run, run, run » écrit dans le même esprit. Quant à « Until you came into my life », ses chœurs ont largement inspiré des chanteuses contemporaines comme Alice Russell.
Après ce coup de maître, apogée de la carrière de Ann Peebles, elle continuera jusqu’à la fin des années 70 avant de retomber dans l’anonymat. Elle retournera alors dans sa ville de Saint-Louis pour travailler dans un centre social. Mais on n’oublie jamais une belle voix, et en 1989 Willie Mitchell la rappelle pour travailler avec elle sur un nouvel album « Call me » signé sur son label naissant : Wayo.
Ce projet la relance et lui permet de sortir de nouveaux disques dans années 90 et 2000, tout en continuant à tourner aux USA et en Europe. Aujourd’hui âgée de 70 ans, elle fait partie des grandes dames de la Soul, dont l’héritage a marqué des générations de chanteuses, mais également des producteurs hip hop dont la voix intense et l’orchestration de ses morceaux a fait le bonheur des chercheurs de samples, comme RZA du WuTang Clan par exemple…

Discographie sélective :
1969 : This is Ann Peebles
1971 : Straight from the heart
1971 : Part time love
1974 : I can’t stand the rain
1978 : The Handwriting is on the wall
1989 : Call me
2006 : Brand New Classics (Live)
Biographie :
27 avril 1947 : naissance de Ann Peebles à Saint-Louis
1968 : signature sur Hi Records
1969 : sortie de son 1 er single et 1 er album
1974 : l’album de la consécration : « I can’t stant the rain »
1978 : dernier album chez Hi Records
1979 : arrêt de sa carrière
1989 : retour discographie chez Wayo Records
2006 : dernier album en date, live acoustique

Anecdote :
Le titre phare « I can’t stand the rain » a été repris et samplé des centaines de fois et a connu à chaque décennie, un nouveau succès. En 1977 la version disco du groupe Eruption featuring Precious Wilson se classe tout en haut des charts et devient par la même occasion la version la plus connue du grand public. En 1984 Tina Turner fait un carton en Europe avec son interprétation. En 1997 Missy Eliott sample allègrement le refrain et lance par la même occasion sa carrière. Quant à Seal il propose une version pas vraiment indispensable en 2009 mais qui sera quand même vue sur Youtube
par presque deux millions d’internautes !
Le plus bel hommage vient surement de John Lennon qui voyait dans « I can’t stand… » la quintessence de la Soul, et une de ses chansons préférées. Excusez du peu !

Arnaud Brailly

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