BON IVER

For Emma Forever Ago

24,00 

En stock

Description

Certaines dates ont vocation à rester gravées en mémoire, qu’il s’agisse d’un heureux évènement (tu oublies rarement la naissance de tes enfants) ou d’une expérience traumatisante (à titre personnel ou collectif, le 13 novembre il y a un an). Et puis il y a celles apparemment insignifiantes qui ont, toutes proportions gardées, changé ta vie. Le 27 mai 2008 appartient pour moi à cette dernière catégorie (et pas uniquement parce que la lutte contre les discriminations en France a enfin fait à ce moment un léger bon en avant).

J’avais ce soir-là prévu d’assister avec une amie au concert du groupe folktronica Tunng dont le single Bullets avait tourné en boucle dans mes écouteurs l’hiver précédent. Chose exceptionnelle, j’étais arrivée au Trabendo à l’ouverture des portes, ce qui était assez rare à l’époque pour être souligné. Mais depuis ce fameux mardi, je fais sincèrement mon possible pour ne plus rater les premières parties.

Au milieu du brouhaha des quelques amateurs de houblon déjà présents, arrive sur scène un échalas au look de bûcheron, accompagné d’un groupe tout aussi hipsterisant. Il n’aura pourtant fallu que quelques secondes à la voix touchée par la grâce de Justin Vernon pour hypnotiser cet auditoire peu engageant. Unanimement parcourue d’un frisson, la salle comprit qu’elle assistait à un moment privilégié, les premiers pas parisiens d’un futur grand dont elle n’oublierait pas le nom : Bon Iver, prononcé à la française comme la promesse de longues soirées passées au coin du feu dans un chalet perdu au milieu des montagnes. Submergée par l’émotion, je fus incapable de rester jusqu’au bout de la prestation de mes folkeux anglais, tant celle de leur support act les avait éclipsés.

Devenu paradoxalement la BO de nombreuses relations alors que composé à la suite d’une rupture dévastatrice, l’album For Emma, Forever Ago, sorti quelques mois avant ce légendaire concert, est de ceux qui auraient potentiellement atterri sur ma liste des « disques-indispensables-à-emporter-sur-une-île-déserte » si je n’avais pas trouvé cette hypothèse complètement con (je la branche comment ma platine, mon mignon ?).

Quoi qu’il en soit, parler d’excellent accueil critique lors de la sortie de cet opus majeur relève de l’euphémisme, tant il a explosé les compteurs. Mais presqu’une décennie plus tard, et alors que tout a forcément été écrit, que reste-t-il de nos amours (pour lui)?

Premier constat, chez moi, l’addiction est toujours là. Du merveilleux Flume, titre introductif sur-référencé qui mériterait d’être étudié à l’université, à Re : Stacks, clôture contemplative et apaisante permettant de souffler après les déflagrations provoquées par les variations rythmiques de l’exceptionnelle Creature Fear, chaque morceau participe à la beauté de ce projet ascétique, devenu paradigme sonore de l’exorcisme affectif.

De même qu’après 4857 écoutes, l’emblématique Skinny Love me prend toujours autant aux tripes, The Wolves (Act I and II) et Blindsided, en apparence moins percutantes, restent néanmoins d’inusables compagnes des dimanches bluesy, exégètes d’un spleen tout personnel qui ne demandait qu’à s’exprimer.

Songwriter d’exception, Justin Vernon a su transcender sa douleur parfois lancinante, à d’autres moments d’une terrible brutalité, grâce à un chant habité, imprégné de mélancolie sans jamais être larmoyant. Couplé à une parfaite maîtrise des harmonies et des arrangements flirtant avec le génie, il est possible de résumer cet album en un mot : brillant.

Informations complémentaires

Artiste

Abonnement sans engagement de durée

Livraison facile

Paiement sécurisé

Rejoignez le club

Devenez membre et bénéficiez de 20% sur tout le store.
Recevez chaque mois 2 vinyles, une pépite & une perle.

{"cart_token":"","hash":"","cart_data":""}